Ensemble développons des pratiques respectueuses de l'homme et de l'environnement

Faire évoluer l'univers professionnel de la petite enfance

Vous l’aurez peut être remarqué, les professionnels de la petite enfance ne manquent pas de faire parler d’eux ces derniers temps. À l’origine de cette médiatisation, le téléscopage de différentes échéances juridiques vouées à légiférer sur les crèches et la formation des professionnels. On vous en dit plus sur le sujet : 

 

24 Propositions pour mieux former les profesionnels

Fin avril, Sylviane Giampino, présidente du Haut Conseil de la Famille de l’Enfance et de l’Âge (HCFEA), a remis au gouvernement ses propositions pour améliorer l’action des professionnels de la petite enfance. Composé de 24 articles, ce compte rendu servira de base au plan de formation continue destiné aux 600 000 professionnels de la petite enfance. La plupart des mesures accusent une forte dominante sociale avec l’accueil d’enfants en situation de handicap (Propositions 2), le développement d’une meilleure communication entre crèches et familles (Propositions 7) et la rencontre des pensionnaires de la crèche avec ceux du quartier (Proposition 2). L’éveil des sens et de l’expression sont aussi valorisés au travers d’activités artistiques et culturelles (Proposition 13 et 14). Enfin, certaines mesures déjà présentes dans notre démarche Ecolo Crèche, comme encourager le contact entre l’enfant et la nature (Proposition 5 et 15), développer des repas sains, locaux et fabriqués sur place (Proposition 7), révèlent une certaine prise de conscience sur les thèmes environnementaux.

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Une réforme sujette à de vives contestations

Suite à ces propositions, étaient dévoilées le 20 mai les mesures du projet d’ordonnance sur les modes d’accueil (Article 50 de la loi ESSOC). Il prévoit pour les parents la création d’une nouvelle instance, qui chapeautera les Schémas Départementaux de Service des Familles (SDSF), mais aussi des Relais Petite Enfance pour les conseiller sur les pratiques à adopter. On y trouve aussi des mesures pour favoriser l’accueil occasionnel des enfants à des horaires atypiques, ainsi que le rattachement d’un professionnel de la santé auprès de chaque crèche. Pour les professionnels de la petite enfance, il devrait faciliter l’exercice des assistant(e)s maternel(le)s et le remplacement de tous les profesionnels travaillant pour l’accueil du jeune enfant. Un temps d’analyse des pratiques sera également programmé pour les membres de cette catégorie socio-profesionnelle.

Malgré l’intention affichée par le gouvernement de faciliter les modes d’accueil, la réforme se heurte depuis quelques semaines à de nombreuses critiques chez les professionnels de la petite enfance. En cause, certaines propositions suceptibles d’alourdir la charge de travail des employés et de compromettre la qualité d’accueil, comme la réduction du nombre de paliers relatifs à la capacité d’accueil des crèches. La réforme prévoit aussi d’abaisser la surface moyenne requise par enfant. Passée à 5,5m2, elle contreviendrait aux seuil minimal de 7m2 fixé par les professionnels. Le point le plus critiqué du projet reste cependant l’introduction d’une possibilité d’accueil en surnombre. Si la loi était actée telle quelle, une crèche devrait être en mesure d’accueillir 20% d’enfants de plus que sa capacité d’accueil ne le permet théoriquement.

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Pour Christelle Dubos, secrétaire d’État rattachée au Ministère des Solidarités et de la Santé, l’objectif de cette réforme est avant-tout d’adapter la politique de l’enfance aux dernières évolutions démographiques et familliales. Dans une interview, elle réaffirme sa volonté d’augmenter le nombre de places en accueil collectif et individuel pour tous. Également interrogée sur les propositions de Sylviane Giampino (Haut Conseil de la Famille, de l’Enfance et de l’Âge), elle admet que le but de la réforme n’est pas d’appliquer toutes les recommandations du HCFEA à la lettre mais d’en conserver l’esprit. La vocation première de ce ce compte rendu n’est d’ailleurs pas de légiférer sur les crèches mais d’encadrer la formation des professionnels.